jeudi 22 janvier 2015

Faouzi Skali


Faouzi Skali est Maître Soufi.

La vérité, il l'a cherchée vainement dans les mathématiques et les sciences humaines. Ses racines religieuses, son identité, il les a trouvées en fait à Paris.
Maître Soufi, il perpétue une très vieille tradition familiale marocaine, qu'il a découverte au bout de ses études. Docteur en anthropologie, ce père de famille est directeur du festival des musiques sacrées de Fès. Un lieu splendide de rencontre pour les musiciens de tous pays et de toutes religions. Ce festival de plus en plus couru est, pour Faouzi Skali, une façon de réaliser son enseignement soufi. Cette spiritualité au coeur de l'islam a la "religion" de l'écoute et de la tolérance.

La vérité, vous avez tenté de la trouver aussi chez l'homme, après l'avoir cherchée vainement dans les mathématiques ? 
J'ai découvert que l'anthropologie, comme les mathématiques, était un savoir certes respectable, mais insuffisant, car elle ne pouvait transformer l'être. L'un des textes qui m'a le plus touché à l'époque, c'est le livre de la voie et des vertus de Lao Tseu. Quand je lisais ces phrases limpides, dont je ne comprenais pas tout le sens, j'ai eu la certitude que pour le découvrir, il fallait soi même l'éprouver, le vivre. Je me suis aussi intéressé au bouddhisme. 
Pourquoi ce passage par les sagesses d'Extrême-Orient ?
Parce qu'elles expriment un dépouillement qui nous ramène à l'essentiel, à l'universel. La religion prise comme simple héritage culturel pouvait être un voile. 
Car la proximité peut aveugler ? 
Oui. Et l'on finit par pratiquer par réflexe. Ce détour est justement profitable. En Occident, j'ai pris conscience, par exemple, que dans la langue arabe, le mot Dieu revient constamment. Cette présence de la transcendance dans la vie courante est comme une respiration permanente. J'ai ressenti alors loin de chez moi un manque.

Extrait d'un entretien paru dans La Vie, numéro 2896, 1er mars 2001

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